Dans le centre de Namur, à Jambes ou à Salzinnes, beaucoup de maisons sont mitoyennes et partagent un chéneau à la jonction des toits. D'autres ont un chéneau encaissé derrière une corniche en pierre ou en bois, qui donne à la façade sa ligne droite.
Ces ouvrages ont souvent cinquante ans ou plus. Le zinc s'est aminci, les soudures se sont fendues, et la moindre feuille morte suffit à faire déborder l'eau vers l'intérieur au lieu de la conduire vers la descente.
Comment savoir si c'est le chéneau qui fuit ?
Une tache au plafond du dernier étage, le long du mur de façade ou du mur mitoyen, est le signe le plus fréquent. Une corniche qui noircit, un enduit qui cloque sous la ligne du toit, ou une odeur de bois humide dans les combles orientent aussi vers le chéneau.
Le couvreur vérifie l'état du fond, les soudures, la pente, les talons et la boîte à eau. Il contrôle aussi la descente : un chéneau sain peut déborder simplement parce que la descente est bouchée plus bas.
Combien coûte la réfection d'un chéneau ?
En octobre 2026, refaire un chéneau en zinc coûte entre 150 et 300 € le mètre courant, TVA comprise. Le prix inclut la dépose de l'ancien fond, la réparation éventuelle du coffrage en bois, le nouveau zinc soudé et le raccord à la descente.
Une rénovation en EPDM, une membrane en caoutchouc synthétique posée d'une seule pièce dans le chéneau existant, revient à 90 à 180 € le mètre. Elle supprime les soudures, qui sont le point faible du zinc.
Zinc ou EPDM : que mettre dans un chéneau ?
Le zinc reste la solution d'origine, durable et réparable, à condition de respecter la dilatation : un chéneau long a besoin de joints de dilatation, sans quoi il se fend aux mêmes endroits tous les hivers. C'est le choix logique sur une maison ancienne en ardoises.
L'EPDM convient bien aux chéneaux encaissés difficiles d'accès et aux chéneaux mitoyens, où l'on veut éviter de toucher aux deux toitures. Il se pose d'une seule pièce, sans flamme, et se raccorde à une naissance en EPDM ou en zinc.
Le chéneau mitoyen, une affaire de voisinage
Un chéneau partagé entre deux maisons appartient en principe aux deux propriétaires. Avant les travaux, parlez-en à votre voisin : le chantier se fait mieux en une fois, et les frais se partagent. Un accord écrit simple évite les discussions plus tard.
Où va l'eau de pluie ?
À Namur comme ailleurs en Wallonie, l'eau des descentes rejoint l'égout, un puits perdant ou une citerne d'eau de pluie. Dans beaucoup de maisons anciennes, la descente plonge dans un dauphin en fonte puis dans une canalisation enterrée qui n'a jamais été inspectée.
Si l'eau remonte au pied de la descente lors des orages, le problème est souvent en aval. Un passage caméra permet de trouver un affaissement ou une racine avant de casser la cour.
Quand faut-il ne pas refaire le chéneau ?
- Un chéneau sain qui déborde seulement par grosse pluie : une seconde descente ou un trop-plein règle souvent le problème.
- Une fuite qui vient en réalité du solin d'une cheminée voisine ou d'une noue : le chéneau n'y est pour rien, et le refaire ne changera rien.
- Une toiture entière à refaire dans les deux ans : mieux vaut une réparation provisoire et un chantier complet ensuite.
Comment entretenir un chéneau ?
Un chéneau se nettoie au moins une fois par an, après la chute des feuilles. Les mousses détachées des ardoises, les feuilles et les débris de toiture s'accumulent devant la boîte à eau et finissent par former un barrage.
Une grille sur la naissance de la descente limite ce risque. Lors du nettoyage, le couvreur peut aussi repérer une soudure qui commence à s'ouvrir ou un fond qui s'est affaissé, et le reprendre avant la première fuite. Ce contrôle annuel coûte bien moins cher qu'un plafond à refaire.
Que doit contenir le devis ?
La longueur traitée, le matériau et son épaisseur, l'état du coffrage et ce qui est prévu s'il est pourri, les joints de dilatation, la boîte à eau, le trop-plein, la descente, l'accès et le taux de TVA. Pour les gouttières pendantes, voyez notre guide zinguerie et gouttières.